III . INFLUENCES & PERSPECTIVES 
 


III.1. La ruée vers l’Est 
   Pourtant forte d’un succès populaire aux USA, la musique Techno n’a jamais été relayée par les grands médias nationaux. Volontairement ou non, MTV et les chaînes alors en pleine hégémonie cathodique, ne saisissent pas la vague à son apogée. Les radios locales jouent un rôle majeur dans la diffusion de ce nouveau style, tant en Amérique qu’en Europe. De par ses affinités culturelles et une langue partagée, la Grande-Bretagne fut la première étape de l’exportation de la musique Techno outre-Atlantique et à l'origine de phénomènes sociaux comme les raves parties. De nombreux sous-genres s’y développent, tels que l’Acid House, tandis qu'à Détroit une seconde vague de musiciens apporte un complément plus conceptuel, avec The Suburban Knight et Carl Craig. Contrairement au mouvement originel, le développement de l’Acid House,caractéristique de son emploi du synthétiseur Roland TB 303, sera en Angleterre concomitant de celui d’une drogue récemment apparue : l’ecstasy1. Cette donnée jouera en faveur d’un développement fulgurant, à la hauteur de la répression par le pouvoir britannique, alors aux mains de fer de Margaret Thatcher. 
   La culture londonienne vit alors les dernières heures du mouvement Punk et la ville de Manchester, via son mythique club Hacienda, désormais tenu par les anciens membres du groupe New Order, devient le temple de l’Acid House. Cependant, ces lieux légaux soumis à des contraintes horaires précises motiventl’émergence de rassemblements alternatifs, comme le rappelle le DJ et producteur Sebastian 69dB2, membre du groupe Spiral Tribes3: « La loi anglaise imposait la fermeture des clubs à 2h du matin. La musique électronique au début des années 1990 a trouvé sa voie : ne pas recréer des mélodies ou des chansons comme la pop, mais définir son propre son et devenir son mode d’expression. L’Acid House a apporté une transcendance avec une musique qui ne s’arrêtait jamais ». 
   Ce mouvement aussitôt né est mis au ban par la société et les médias. Or, la répression a été un catalyseur de la revendication originelle : « Tout était hors la loi, et l’avènement de rave parties dans des friches industrielles peut être considéré comme la conséquence indirecte des mesures voulues par le gouvernement », comme le relate l‘historien et anthropologue Sylvain Desmille4. Les premières raves parties anglaises sontorganisées sur la Route Nationale 25 autour de Londres, jouant sur le vide juridique de la loi britannique datant de plusieurs siècles et concernant la concession de « Terres Communes » pour la tenue de festivités paysannes médiévales. En réalité, ces terres furent vendues à des propriétaires et constituent désormais desdomaines privés. Par ailleurs, la presse en général et les tabloïds en particulier dénoncent l’aspect stupéfiant des rassemblements. Ce conglomérat de faits préfigure en 1994 une législation qui fait fuir les raversd’Angleterre. Des groupes itinérants de Sound System de Travellers, tels les Spiral Tribes évoluent alors dans la continuité des Hippies de Woodstock. Immergée dans ce nouvel environnement socio-culturel, la musique Techno s’éloigne de ses origines, avec l’apparition de variantes plus radicales et hardcore, aux tempi plus élevés et aux sons plus saturés, dont Manu le Malin5 sera l’un des représentant hexagonaux. 
   Chassé du Royaume-Uni, le mouvement ne s’éteint pas, mais va essaimer dans toute l’Europe. La France et particulièrement la Bretagne, sera parmi les premières terres d’accueil, un mouvement encore actif à ce jourdans les rassemblements d’Epsylonn Otoktone6 ou les festivals comme qu’Astropolis7. De la Belgique aux Balkans, de l’Espagne aux Pays-Bas, chaque avatar de la musique Techno trouvera une forme d’expression différente, de la Makina au Gabber. En France, elle s’est également établie dans les clubs parisiens comme le Rex. Encouragée par les pouvoirs publics, la Techno Parade se déroule pour la première fois en 1998 sur les grandes artères de la capitale et Laurent Garnier8 remporte la première Victoire de la Musique dans la catégorie Musiques Électroniques, créée la même année. Une importante scène se développe alors, autour de musiciens tels que Scan X, Sulfuric Saliva, Etienne de Crecy… Dans l’Outre-mer, des festivals officiels et des free parties alternatives voient également le jour. Comme à La Réunion, avec les Électropicales9 qui invitent Jeff Mills en 2013, les soirées Clandestine et du sound system Sapoak10.
   Ainsi, en quelques années seulement et avant l’avènement d’internet, ce courant naissant s’est répandu dans le monde entier, jusqu’en Asie avec le compositeur nippon Ken Ishi11 produisant ses premiers albums de musique Techno dès 1993. Dépassant les complexes et les langues, l’aspect autodidacte et instrumental des compositions a été un des facteurs facilitant cette diffusion fulgurante et planétaire. 

III.2. La dialectique Détroit-Berlin-Détroit 
   Apparue dans l’environnement d’une ville américaine tombée en décrépitude, la musique Techno estégalement la bande-son de la Chute du Mur de Berlin, en 1989. Avec la fin de la Guerre Froide et la peur du SIDA, elle trouve un écho dans une jeunesse libérée de l’angoisse d’un hiver nucléaire et idéalisant la réunification. Comme aux premiers jours à Détroit, les individus s'impliquant dans ce courant participent au mouvement de paix, même sans en avoir conscience.
   Selon les théoriciens de la Techno de Détroit, un lien unit leur cité à celle de Berlin, autre ville en friche regorgeant de lieux abandonnés et potentiellement exploitables. Un lien quasi spirituel établi entre D-Mecca (Détroit ou la Mecque de la Techno, en raison de l’évolution islamique des mouvements pour les Droits Civiques, via Louis Farrakhan) et l’agglomération germanique d’après-guerre : « Sur un plan psychanalytique bien plus profond, ce qu'on entend, c'est le peuple noir créant un univers au sein duquel cette rupture, ce manque, sont réparés. Nous forçant à réaliser ce qui nous a été retiré, puis nous a été volé. Ce manque. C'est cette chose qu'on ne trouvera ni ne récupérera jamais. Ça témoigne de ça. Un dropout est un retrait, la trace d'une présence, d'une énergie qui a été retirée. Ce retrait dans le contexte musical allemand peut être lié à la pré-chute du Mur de Berlin et à l'holocauste des Juifs.12» 
   Dans un mouvement de dialectique historique, un aller-retour s'établit entre les USA et l'Allemagne, donnant une nouvelle existence au courant musical. Alors que la vie nocturne de Détroit est sinistrée depuis la crise des Subprimes en 2007, les clubs de musique Techno de Berlin ont été déclarés Institutions Culturelles13 en mai 2021. Bénéficiant des plans de relance liés au Covid 19, cette décision s’inscrit dans un terreau fertile, où un tiers des touristes se rendent dans la capitale allemande pour s’adonner au clubbing et un autre tiers pour l’offre culturelle alternative, constituée de restaurants, expositions et créations originales. Au-delà d’événements ponctuels, telle la Love Parade ou la Techno Parade, cette reconfiguration socio-culturelle est à l’origine d’un phénomène marchand : l’Économie Créative. 
   Selon le pionnier Juan Atkins : « Certains aspects de Berlin devraient inspirer Détroit. Nous avons la musique, mais pas de clubs comme le Trésor ou le Berghain. C’est ce qui nous manque. Nous apprenons énormément de choses en ce moment, qui pourront nous aider à développer le même modèle économique. Il faut que les responsables municipaux le comprennent. Nous sommes dans un dialogue permanent : nous avons appris des choses de Berlin, ils ont appris des choses de nous. C’est un échange culturel ». Corroborant ces dires, le musicien Cornelius Harris avance : « Berlin peut apprendre de Detroit comment survivre aux périodes difficiles, et inversement ». 
   La réticence des pouvoirs publics américains quant au développement de l’ Économie Créative autour de la musique Techno fait suite à une mauvaise réception du genre musical, dès sa création dans le pays. Selon Bill Buster14, journaliste et critique musical ayant préfacé l'essai « Techno Rebels15 » de Dan Sicko en 2000 : « Malgré ces racines politiques et musicales profondes, rarement un genre musical a été aussi mal traité que la Techno. Les musiciens de Détroit sont à l'époque passés sous silence et les médias ne prennent pasl'importance de leur influence. La majorité des critiques sont issues de thèses d'universitaires en sociologie, dont on a l'impression qu'ils n'ont jamais mis le pied sur une piste de danse depuis 1975 ». 
   Les médias américains ont méprisé cette musique dans les années 1980. MTV n'a pas pris le relais de la diffusion de cette musique populaire. L'Europe lui donnera une seconde vie dans la décennie suivante. Enfin, une reconnexion a eu lieu aux USA en l'an 2 000. Vingt ans après son émergence et loin des standards radicaux de l'époque, c'est par un rappel du Rock'n'Roll que les musiciens ont saisi le public. Des groupes comme FatBoySlim16, The Prodigy17 ou The Chemical Brothers18 ont produit des titres en phase avec l'esprit musical anglo-saxon de la Pop Music, et format chanson où la voix est mise en avant. Puis, de plus en plus éloignée de la forme et du fond originel, l'Electronic Dance Music de Djs tels Tiesto et David Ghetta a permis de la faire exploser dans des stades remplis. Des Djs talentueux, au rang desquels Carl Cox ou Ricardo Villalobos s'éloignent de la configuration des représentations publiques du mouvement, pour se présenter telles des Rock Stars, sur une scène face à une audience communiant dans le culte de la personnalité de DJs devenus des idoles. 
   Bien que la période 2000 - 2020 représente une augmentation exponentielle de la diffusion internationale du style Techno et qu'une certaine reconnaissance lui soit octroyée, via le Detroit's Electronic Music Festival, la plupart des pionniers, à l'instar de Derrick May n'ont produit aucun morceau en vingt ans. Certains choisissent de mettre à l'honneur leur répertoire passé en le réintréptant avec un orchestre symphonique. Selon Cyrille Rivalan, traducteur de Techno Rebels : « Ce n'est plus à Détroit et dans ce mouvement qu'il se passe des choses innovantes en ce moment. La source s'est tarie et déplacée ailleurs, a éparpillé ses ramifications et est devenue protéiforme19 ». 

III.3. The Wizard – Itinéraire de Jeff Mills 
   Interviewé sur le site de construction des fusées Ariane (les Mureaux, France)20, le compositeur quinquagénaire aborde l’émergence de la musique Techno dans le contexte américain des années 1990, sa direction artistique unique et ses envies pour les décennies à venir. Producteur ayant réalisé soixante-dix albums en trente années de carrière, dont les deux tiers abordent les thèmes de l’Espace, de la science et des voyages dans le temps. 
   Dans le Détroit de son enfance à la fin des années 1970, le dénuement matériel au quotidien et la musique tissent un lien entre camarades de classe, voisins et proches. Un système d’entraide, où tout le monde baignedans la musique et grâce auquel il est aisé d’emprunter une platine au voisin, pour animer une soirée une émission de radio ou s’entraîner à peaufiner sa technique. Un état de fait qui mène Jeff Mills à affirmer : « On ne choisit pas d’être dans la musique, ça a toujours été là ». C’est dans ce contexte qu’il débute la pratique du turn-tablism à 12 ou 14 ans. Son cas n’a rien d’exceptionnel, tant le Hip-Hop s’étend aux U.S.A. et mixer devient commun à Détroit, où des adolescents peuvent facilement organiser des block parties. À 16 ou 17 ans, l’on peut louer un lieu et y apporter un sound system. À 21 ans et l’accession à la majorité, l’on a suffisammentd’expérience à propos de la Dance Music et de la logistique événementielle. 
   Ses premières armes faites, il obtient une place de Dj résident au Club UBQ en 1986. Ses DJ sets sont retransmis en direct à la radio régionale, pour 4 millions d’auditeurs. Son contrat devient pérenne et il est animateur durant cinq ans. Une des principales craintes de la station est la possible casse à répétition de cellules et diamants des platines, à cause du scratch. Une troisième platine, lui est proposée en secours. Celle-ci ne servit jamais à cet effet, mais ce dispositif lui a permis de mixer trois morceaux simultanément, créant ainsi une nouvelle technique musicale. L’argent issu des cachets d’animateur radio lui permet d’acquérir le matériel nécessaire à la construction d’un home studio : synthétiseurs, boîte à rythmes et enregistreurs. Ainsi s’opère la transition de Dj jouant les disques des autres à compositeur de ses propres pièces. Réalisé en 1989, l’album « Final Cut21» sera le fruit de ce premier travail à domicile. Seuls lui manquent des synthétiseurs, qu’il empruntait à Mike Banks du label Underground Resistance, groupe avec lequel il partage une vision et un but : « recréer ce que voulait dire être un musicien dans l’industrie musicale. Que la musique soit la chose la plus importante. L’idée d’être anonyme est en partie venue de là. Pour garder la distance et mettre le message sur la musique ». 
   Après avoir composé de la House Music vocale et d’autres stéréotypes respectant les canons du genre, est venue l’envie de produire une musique plus expérimentale et de créer un projet conceptuel. Durant un vol en avion pour une représentation à Rome, à moitié endormi, lui apparut l’idée de faire un album sur les anneaux de Saturne. Il établit un lien entre les anneaux de Saturne et les mouvements de la spirale du disque vinyle. De retour aux USA, il fait l’acquisition du maximum d’ouvrages scientifiques disponibles traitant des planètes. Leur lecture compulsive a pour objectif d’élaborer la capacité de le traduire en musique et de le présenter à Mike Banks & Rob d’Underground Resistance. Cette démarche astronomique est à rapprocher de celle de Gustav Holts, qui composa la suite « Les Planètes » en 191622
   Désormais signé chez Underground Resistance, Jeff Mills part vivre à New York, pour un assurer un contrat de Dj résident au Club Limelight dans le Midtown à Manhattan. Ayant négocié avec Limelight un bureau, un appartement et un téléphone gratuits, il dispose dès son arrivée de l’infrastructure nécessaire pour créer et gérer un label. Décision est alors prise de mettre un terme à son contrat avec Underground Résistance et de monter son label Axis. Robert Hood, ex-stagiaire d’Underground Résistance, est l’un des seuls artistes produits par ce label. Car, ayant pour leitmotiv la cohérence esthétique et la constance qualitative, Jeff Mills décide rapidement d’y produire uniquement ses propres disques. Poussant à son paroxysme la logique du Dj-Producteur, il peut à loisir fabriquer chez lui les morceaux dont il a besoin pour ses Dj sets et vice versa. Cette démarche donne naissance à l’album « Waveform Transmission Vol.1 »23 et établit les bases de la Minimal Techno, un sous-courant de la Techno dont l’idée est de déconstruire la musique pour qu’elle devienne assez simple pour qu’un Dj soit capable de rassembler les pistes et de les reconstruire comme bon lui semble. Ainsi, le disque ne s’écoute plus seulement passivement sur une platine, mais devient un outil à utiliser pour créer, dans une logique de mise en abyme. 
   Poursuivant dans cette voie, Jeff Mills réalise le souhait de constituer une collection de disques vinyles de ses compositions, qu’il serait le seul à posséder. Il produit ainsi trente pressages différents, dont « The Bells ». Victime de son succès, de nombreux Djs en réclament des copies, alors qu’une version unique en est produite. Décision est alors prise de monter le label Purpose Maker. Ces chemins de traverse sont la conséquence naturelle d’une conception de la musique selon laquelle « si l’on fait de la musique suffisamment longtemps, on se demande si on n’a pas envie de faire de la musique différemment, avec des nouvelles idées et par d’autres moyens : explorer ! » 
   Au tournant les années 2000 et après quinze ans de carrière, Jeff Mills s’intéresse aux films et à la composition de bandes originales, dont celle de « Metropolis » de Fritz Lang, ce qui l’amènera à travailler régulièrement avec la Cinémathèque, puis aboutira à la création de performances scéniques accompagnées d’ensembles classiques. Les débuts de cette adaptation sont tumultueux. Car aux USA, les premières répétitions avec orchestre donnent lieu à un désastre : les musiciens ne sont pas investis, pas plus que le chef d’orchestre. Puis, des Français ayant eu vent de ses velléités de passage à l’acoustique le contactent. L’orchestre de Montpelier est intéressé, ainsi qu’un arrangeur Thomas Roussel. Ce partenariat transatlantique donne lieu à une première représentation au Pont du Gard devant 2000 personnes en festival libre, puis à une captation enregistrée sur DVD et de nombreux autres concerts dans le monde. 
   Au mi-tan de son existence, Jeff Mills affirme : « la chose dont je suis le plus fier, c’est d’avoir choisi la musique plutôt que d’aller à l’école pour être architecte ou avoir à répondre à quelqu’un. Si j’avais juste fait de la musique pour faire danser les gens, je pense que j’aurais été fatigué aux alentours de mes trente ans et j’aurais surement fait autre chose. Il y a tellement de choses à explorer. J’ai la cinquantaine, je suis peut-être à la moitié du chemin. Peut-être que dix albums, dans les vingt prochaines années, est atteignable. J’ai hâte que de nouvelles découvertes soient faites dans l’espace et l’astronomie, et qu’on en apprenne plus à notre sujet. Ça me donne encore plus de raisons de produire de la musique et de créer des albums et des projets. » 


 

1 In MixMag, Back when pills were pills, 2018 / https://mixmag.net/feature/interview-with-the-dealer

2 In Techno Storie 2 Le temps des Raves, Morgane Prod. & Histoire, 2004 / https://youtu.be/XpQI5flcI7k

3 In Tracks Arte, Spiral Tribe, 2015 / https://youtu.be/wkwlZfGZcdo

4 In Techno Storie 2 Le temps des Raves, Morgane Prod. & Histoire, 2004 / https://youtu.be/XpQI5flcI7k

5 In Sous le Donjeon de Manu le Malin, Sourdorielle 2017 / https://youtu.be/maSjfbYyMMY

6 In TV Breizh, Documentaire, 2021 / https://www.tvr.bzh/v/5879665

7 Astropolis Festival, Official Website / http://astropolis.org/astro26/

8 In Laurent Garnier, Off The records, 2021 / https://vimeo.com/455540591

9 Electropicales Festival, Official Website / https://www.electropicales.com

10 Sapoak, Official Website / http://sapoak.unblog.fr

11 In Ken Ishi, Nil, 1993 / https://youtu.be/McJ_RL_pAtA

12 In Black to Techno, by Jenn Nkiru / Frieze & Gucci, 2019 / https://youtu.be/WqVq_QMH46E

13 In MixMag, 2021 / https://mixmag.net/read/berlin-clubs-declared-cultural-institutions-news

14 In RTS, 2019 / https://www.rts.ch/play/radio/pony-express/audio/pony-express?id=10694180

15 cf. Annexe IV / Techno Rebels, Dan Sicko / 1999

16 In Star 69, Fat Boy Slim, 2001 / https://youtu.be/E4KTsdDTiDs

17 In Fire Starter, The Prodigy, 1996 / https://youtu.be/wmin5WkOuPw

18 In Setting Sun, The Chemical Brothers & Noël Gallagher, 1997 / https://youtu.be/p5NX1FC-7-w

19 In RTS, 2019 / https://www.rts.ch/play/radio/pony-express/audio/pony-express?id=10694180

20 In La plus grande légende de la Techno ever, Konbini 2019 / https://youtu.be/ADRMmRoRTZQ

21 Jeff Mills, Final Cut, 1989 / https://youtu.be/wKLY5CrQb_Q

22 In Gustave Holts, Planets Full Suite, 1916 / https://youtu.be/Isic2Z2e2xs

23 In Waveform Transmission Vol.1, 1992 / https://youtu.be/OGQBdEAo9RM